CASS 2026 : 587 €/mois en indépendant, 6,5 % salarié
Si vous travaillez en Andorre — salarié ou indépendant — vous cotisez à la CASS, la Caixa Andorrana de Seguretat Social. C’est l’unique système public du pays : remboursement des soins, arrêts de travail, retraites et accidents du travail. En 2026, la base de cotisation des indépendants a augmenté et, en parallèle, le pays débat de la plus grande réforme des retraites de son histoire. Voici ce que vous payez aujourd’hui, d’après le barème officiel en vigueur, et ce que vous recevez en échange.
Ce que paie un salarié
La cotisation totale est de 22 % du salaire brut mensuel, répartie ainsi :
- Salarié : 6,5 % (3 % pour la branche générale, 3,5 % pour la branche retraite), prélevés sur la paie — aucune dérogation possible.
- Employeur : 15,5 % (7 % branche générale, 8,5 % retraite).
Sur un brut de 3 000 €, le salarié verse 195 € et l’employeur 465 €. Face aux charges sociales françaises, l’écart est considérable — c’est l’une des raisons pour lesquelles le net andorran va beaucoup plus loin. Cas particulier : un retraité qui continue de travailler ne cotise que 10 % (branche générale).
Ce que paie un indépendant : le barème officiel 2026
Les indépendants (compte propre) paient les 22 % en entier — 10 % branche générale, 12 % retraite — mais pas sur leurs revenus réels : la base est le salaire mensuel moyen national de l’année précédente, fixé à 2 672,52 € pour 2026. La cotisation standard à 100 % de la base est de 587,95 €/mois.
Selon votre revenu net de l’exercice précédent (et votre chiffre d’affaires), vous pouvez accéder à des bases réduites — ou être contraint à des bases supérieures :
| Base | Base de cotisation | Cotisation mensuelle | Qui |
|---|---|---|---|
| 25 % | 668,13 € | 146,99 € | Revenu net < 6 000 € (sous conditions) et début d’activité |
| 50 % | 1 525,33 €* | 335,57 € | Revenu net 6 000–12 000 € |
| 62,5 % | 1 670,33 € | 367,47 € | Revenu net 12 000–18 000 € |
| 75 % | 2 004,39 € | 440,97 € | Revenu net 18 000–24 000 € |
| 100 % | 2 672,52 € | 587,95 € | Cas général |
| 125 % | 3 340,65 € | 734,94 € | Obligatoire au-delà de 40 000 € de revenu net ou CA élevé |
| 137,5 % | 3 674,72 € | 808,44 € | Obligatoire au-delà de 50 000 € ou CA supérieur |
*La tranche à 50 % est plafonnée par le bas au salaire minimum (1 525,33 € en 2026), car 50 % du salaire moyen serait inférieur.
Trois nuances rarement expliquées : les bases inférieures à 100 % sont optionnelles — il faut les demander, sinon la CASS reconduit le pourcentage de décembre — tandis que 125 % et 137,5 % sont obligatoires dès le franchissement des seuils. Un primo-inscrit cotise à la base de 25 % (146,99 €/mois) pendant ses 12 premiers mois. Et depuis 2024, la déclaration adaptative permet de demander une tranche inférieure en cours d’année si vos revenus chutent d’au moins 25 %.
La cotisation est prélevée mensuellement. Les retards entraînent une majoration de 5 %, 10 % ou 20 % selon le délai.
Ce que vous recevez en échange
Santé : la CASS rembourse en règle générale 75 % en ambulatoire et 90 % en hospitalisation, sur les tarifs de responsabilité. Pour certaines pathologies de longue durée, le remboursement monte à 90–100 % en tiers payant (vous n’avancez pas les frais). Le parcours préférentiel exige un médecin référent attitré.
Retraite : un système par points. La pension à vie exige 65 ans et un minimum de 180 mois (15 ans) de cotisation — et la convention bilatérale entre la France et l’Andorre joue en votre faveur : les périodes cotisées en France (comme en Espagne et au Portugal) se totalisent pour atteindre le minimum, avec au moins 12 mois en Andorre. Si vous atteignez 65 ans avec entre 5 et 15 ans de cotisation, pas de pension : vous recevez un capital unique (cotisations restituées, actualisées sur l’inflation), sans couverture santé de retraité, laquelle exige au moins 500 points. Une retraite anticipée existe dès 61 ans avec 40 ans cotisés, moyennant une décote définitive de 7 % par année d’anticipation.
La réforme à l’horizon (et pourquoi ces chiffres peuvent bouger)
Le système avance à deux vitesses : en 2025, la branche retraite a dégagé un excédent (+29,4 M€) tandis que la branche générale accusait un déficit de 34,7 M€, selon les comptes approuvés par le conseil d’administration. Le ratio cotisants/retraité tourne autour de 3 aujourd’hui, avec des projections vers 2,6.
Une réforme paramétrique est déjà rédigée — hausse progressive des cotisations et de l’âge de départ, planchers et plafonds, révision du facteur de conversion du point — mais en juillet 2026, elle reste bloquée au parlement pour des doutes sur son impact financier, pendant qu’un débat parallèle envisage de scinder le système en un pilier par répartition et un pilier par capitalisation. Traduction pratique si vous envisagez de vous installer : les règles en vigueur sont celles de cet article, et tout changement viendra vraisemblablement avec de longues périodes transitoires — mais décidez avec les chiffres d’aujourd’hui, pas avec des articles périmés.
Envie de voir l’impact total dans votre cas — impôt sur le revenu plus CASS — comparé à ce que vous payez actuellement ? Utilisez le simulateur ou, si votre situation comporte des subtilités (conventions, retraite proche, structures sociétaires), parlez à un conseiller local.